Laisse-nous l’IEF

Aujourd’hui Mr Macron a annoncé la fin de la liberté d’instruire en famille à partir de la rentrée prochaine. Et le sol s’est ouvert sous mes pieds.

Je ne souhaite pas faire un billet politique, juste vous parler de mon IEF. A quoi il ressemble. Ce que j’y aime et ce qui y est difficile et ce qui y est perfectible.

L’IEF, c’est notre choix de vie, un choix profond, un engagement entier, beaucoup de travail, tous les jours.

C’est la liberté de se coucher tard pour avoir du temps en famille, et de se lever tard.
De glander une journée parce qu’on est malade.
De faire une journée de travail avec que du français parce que le cahier est bientôt fini et qu’on a hâte de le finir.
D’être en avance sur des matières et en retard sur d’autres.
De sortir et de visiter en dehors de la foule.
De creuser un sujet passionnant.

Le « corrigeur »

C’est le choix de travailler en humour, de corriger avec une marionnette qui fait l’andouille, pour que les erreurs ne soient pas des fautes ni des reproches.
De choisir une méthode plutôt qu’une autre, de s’adapter à chacun.
De faire plus de travail en moins de temps, libérant du temps pour sortir, bouger, découvrir, et jouer.

Bien sûr, c’est aussi pour le parent une charge très lourde, de formation, d’adaptation, d’implication, de concession, et c’est pas facile tous les jours, loin de là.

Bien sûr, il faut aller chercher le lien social puisqu’il n’est pas à disposition dans la classe, bien que trois enfants génèrent beaucoup d’occasions de discuter, de se disputer, de se réconcilier, d’apprendre à être avec l’autre.
Et aussi, la bibliothécaire a beaucoup plus de temps à nous accorder pour discuter un jeudi à 15h qu’un samedi après midi. L’homme qui vieille à la sécurité d’un parcours dans un parc animalier a le temps de nous parler un peu de sa vie et d’entrer en contact avec les enfants pour voir s’ils ont compris les règles. Le lien social existe, il est juste différent.

Et aussi, ce point s’est particulièrement compliqué avec le Covid, car nous n’allons plus au parc à l’heure de la sortie des écoles, et j’espère bien que c’est temporaire.

L’IEF c’est un choix gigantesque. Il implique la carrière du parent, sa patience et son temps libre. Il implique des conséquences difficiles à mesurer sur la scolarité des enfants : leurs forces, leurs faiblesses, leurs choix ultérieurs. Trouver la balance entre travailler suffisamment pour leur offrir un maximum de chances, sans que ça devienne une pression folle ; cela parce que j’ai fait le choix d’une instruction en grande partie formelle à l’opposé des familles qui pratique les apprentissages libres (je parle de mon IEF, de mes choix, de ce qui me tient à cœur, de mon expérience ; cela n’implique pas un jugement de ceux qui font différemment).

Mille fois j’ai plié sous la charge, mille fois j’ai redressé le dos, parce que mon envie de les accompagner ainsi est profonde, et demande beaucoup. Et peut-être qu’un jour je déciderai de les scolariser.

Mais j’aimerais que ça soit un choix. Pour moi, pour eux, et pour tous les autres, j’aimerais que ça reste un choix.

Laissez-nous l’IEF.

2 réflexions sur “Laisse-nous l’IEF

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s