On est foutu, on pense trop ! Serge Marquis

onestfoutuonpensetropDans ce livre, l’auteur explique comment l’égo peut s’emballer (= le hamster monte dans sa roue et tourne de plus en plus vite), créer un enchaînement de pensées souvent négatives, toujours nocives, et comment passer en pleine conscience peut ralentir la roue et ouvrir la porte du vrai bonheur, celui de l’instant présent.

Je dois dire qu’au départ, même jusqu’à une bonne moitié du livre, je n’étais pas à l’aise avec cette façon de voir tant de nos réactions par le prisme de l’ego (d’autant que le style est un peu agressif). Mais à force, ça m’a intriguée et particulièrement au travers de deux idées.

La première, c’est comment l’égo nous fait mouliner des pensées désagréables jusqu’à imprimer des marques physiques.

Repensons à toutes ces situations où l’égo s’emballe et empêche de voir le vrai message : celui de l’autre, ou même le sien. Quelqu’un vous critique ? Que votre roue se déchaîne pour vous défendre, attaquer l’autre, ou vous fustiger, c’est pareil : le vrai message se perd. Vous vous sentez blessé par une attitude ? L’emballement dans la tête ne permettra pas de l’exprimer clairement, ni même de le comprendre simplement. Respirer, se concentrer sur ses sensations, revenir au présent (sans réécrire le passé à la lumière de la phrase blessante, sans anticiper l’avenir), permet de faire le tri pour extraire ce qui compte vraiment.

Lorsqu’on juge quelqu’un, c’est l’égo qui s’exprime, en disant MOI je suis mieux, je fais mieux. Lorsqu’on tempête parce qu’on n’est pas assez reconnu pour ce qu’on fait, c’est également l’égo qui crie MOI, occupez-vous de MOI, reconnaissez MOI. Lorsqu’on se fustige aussi, c’est l’égo qui s’emballe, le hamster fait tourner sa roue folle, selon le même principe sauf qu’au lieu de nous faire sentir meilleur il nous fait sentir pire ; c’est une autre façon d’être spécial, c’est donc une autre forme d’égo.

Et le problème, c’est que l’égo est insatiable. Il ne sera jamais satisfait. Il lui faudra toujours plus.

Même si ça dérange, il faut bien avouer que toutes ces fois où ces pensées s’emballent, on ne se sent pas bien, et il n’en ressort que rarement une idée constructive. Combien de fois ai-je récuré inutilement la cuisine à me faire mal au dos pendant que mon hamster se tapait le marathon dans sa roue pleine de colère pour une remarque critique ?…

La seconde idée qui me titille, c’est la façon dont nous nous définissons.

Lorsqu’on se présente à quelqu’un, on se présente par ce qu’on a sur soi (vêtements, coiffure, chaussures, sac, véhicule), par son métier, par son récit de vacances… Et pourtant tout ce que nous possédons, ce que nous avons vécu, le métier que nous exerçons ne nous définit pas.

Posséder pour exister est une fuite en avant : plus on a, plus on cherche à avoir (pour continuer à être, pour être encore plus), et moins on supporte que l’autre puisse avoir ce qui nous est hors de portée. Et plus on a à perdre également. C’est une espèce de course effrénée où les satisfactions ne sont toujours que temporaires.

Un peu de la même manière, un traumatisme, une maladie ou un métier ne nous définissent pas plus qu’une collection de livres ou un beau téléphone. Ca nous enferme même, nous empêche d’être autre chose, de changer, d’évoluer, de sortir de cette case.

On retrouve ici l’idée que l’égo est insatiable, et qu’il se fixe sur de faux besoins.

Pour aller plus loin, j’aimerais faire avec vous un exercice qui nous permettra de déterminer quand votre petit moi se sera enfin réalisé.

  • Faudra-t-il qu’il soit plusieurs fois millionnaire ?
  • Faudra-t-il que sa photo fasse la une des magazines ?
  • Faudra-t-il qu’on le reconnaisse au supermarché du coin ?
  • Faudra-t-il que son œuvre soit convoitée ? Qu’elle soit en tête des hit-parades ou dans une galerie de New York ?
  • Faudra-t-il qu’il devienne calife à la place du calife ?
  • Faudra-t-il qu’on se retourne sur son passage ? (…)
  • Faudra-t-il qu’on lui donne une augmentation de salaire ?
  • Faudra-t-il qu’on l’écoute chaque fois qu’il parle ?
  • Faudra-t-il qu’on écrive sa biographie ?*

(…) Posez-vous très sérieusement la question.

Quelle est votre réponse ? Voici la mienne : rien de ce qui précède !

La réussite procure un plaisir immédiat mais momentané (on parle de deux mois pour les médaillés olympiques), car la plénitude n’a rien à voir avec le succès.

Contrairement à J’arrête de râler, l’auteur de ce livre ne s’intéresse pas aux sources de nos râleries. Ou plutôt, il n’en cite qu’une seule : l’ego. Je comprends le point de vue mais l’admettre complètement nécessite une remise en question énorme. Christine Lewicki invite à analyser les sources réelles de râleries afin de demander de l’aide, réorganiser son quotidien, trier ses relations, etc. Serge Marquis fait plutôt une ode à la pleine conscience, à une forme de méditation permanente. Tuer l’ego pour renaître dans la décroissance personnelle.

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2 réflexions sur “On est foutu, on pense trop ! Serge Marquis

    • Oh pardon pour le temps de réponse !!
      C’est tout à fait ça, pas facile à encaisser, d’admettre que notre orgueil n’est pas si petit, que le hamster nous gouverne dans certains moments où il ferait bien de faire la sieste ^^
      Ca a participé à une motivation grandissante de faire du yoga, de la méditation, de pratiquer la pleine conscience. Il m’arrive, quand je sens que mon esprit s’emballe, de chercher la sensation physique uniquement, le temps que ça s’apaise. Et régulièrement, de tenter d’exprimer ma pensée sans utiliser « je/moi/me ». C’est assez intéressant… et apaisant de prendre ce recul

      Aimé par 1 personne

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