Et puis merde

Merde au ménage. J’ai été habituée à une maison nickel, je culpabilisais de ne pas faire de même, j’imaginais que toutes les parcelles d’énergie récupérées iraient dans les tâches diverses concernant les enfants et le ménage. Eh bien non. Il y a un minimum à assurer pour l’hygiène, pour l’obligation sociale et la praticité, le reste, je lui dis merde. La vie est tellement ailleurs.

Merde aux gens. Je changeais mon comportement quand les enfants faisaient une crise en lieu public, voire je cherchais leur compassion, avec la peur de trouver autre chose. Maintenant je ne les regarde plus, ça règle le problème.

Merde au passé. Enfin presque… Il me met en colère, en colère d’être née à 30 ans, mais j’essaie d’utiliser cela comme énergie.

Merde aux faux liens. Ce n’est pas toujours facile d’assumer certaines ruptures de pont. Ca ne se fait pas. C’est égoïste. Oui, et merde. J’ai trop besoin de place pour nous.

Merde au planning classique de la famille IEF qui fait les cours le matin et les sorties l’après midi. J’aime sortir le matin, on sort le matin. On peut même sortir les deux.

Merde à mon angoisse qui veut me retenir sur place. Je veux vraiment lui dire merde et avancer quand même. L’action est la meilleure des réponses, la meilleure des expériences et la meilleure des preuves… Pourvu que l’angoisse me laisse voir les idées à tenter…

Il y a tant de choses, d’avancées, de petites révélations que je n’ose pas partager, parce que je me sens stupide, parce que j’imagine que c’est une évidence pour beaucoup. Parfois j’ai l’impression de faire mon chemin dans la boue bien gluante parce que j’ai raté tous les embranchements des belles routes bien pavées. L’impression de me faire dépasser par des bolides à 130 quand je me traîne à 10 en cherchant la carte. Tant pis. Tant mieux, peut-être que j’ai des jambes plus fortes, et que les petites routes sont pittoresques… ?

Rien n’est gagné, mais cette colère que je ne sais pas dompter, je la cultive au contraire. Ces mains trop douces et trop fragiles, je veux les endurcir. J’en ai assez d’essuyer des larmes. J’en ai assez d’être sage, discrète, et gentille aussi.

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9 réflexions sur “Et puis merde

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