La concurrence du pire

Si je dis que j’envie les femmes qui travaillent pour certaines choses, on va m’expliquer que travailler c’est plus dur qu’être au foyer.

Si je travaille et que je dis que j’envie les femmes au foyer, on va m’expliquer comme être à la maison est plus dur que de travailler.

J’ai l’impression qu’on est dans une concurrence du pire, face au besoin d’aide, de relai, de soutien de quelque forme qui soit. Tout comme on observe des concours de kikialemeilleur où le but semble surtout de se rassurer (quitte à rabaisser l’autre), on observe des concours de kikialepire. Comme si admettre la qualité de l’autre nous ôtait des qualités ; comme si admettre la difficulté de la situation de l’autre impliquait forcément de nier la difficulté de la sienne.

Chacun se sent obligé de prouver que sa vie est plus difficile que celle de l’autre, pour démontrer qu’il aurait bien besoin d’un coup de pouce, et peut-être aussi pour montrer qu’il mérite de la reconnaissance. Et pour peu que quelqu’un obtienne un coup de pouce, il est jalousé, décrié, agressé. Parce que MOI AUSSI j’en ai BESOIN, MOI AUSSI, je mérite, et peut-être même PLUS !

On compare les métiers pour savoir qui est le plus à plaindre et mériterait une aide ou une augmentation ou un traitement différent. On compare les écarts d’âge entre les enfants, leur nombre, leurs maladies, leurs caractères, pour savoir quelle situation est la plus difficile à gérer et mérite du soutien. On compare les vécus, les expériences.

J’ai la sensation d’être mise en situation de concurrence permanente, de devoir justifier et même quantifier mes besoins. Que je finis par ne plus exprimer du tout tant cela me lasse et me noie.

Eau

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4 réflexions sur “La concurrence du pire

  1. C’est tellement ça.
    Et du coup, en ce qui me concerne, un sentiment de non légitimité à demander de l’aide ou même à simplement exposer mes problèmes parce qu’il y a toujours pire que soi, ou simplement parce que tout le monde a ses propres problèmes.

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  2. Bien d’accord avec ces quelques « maux ». Mais tu sais, quand tu dis « Comme si admettre la qualité de l’autre nous ôtait des qualités », c’est un comportement que l’on a déjà enfant, en sens inversé : mettre les « défauts » (enfin, défauts, tout point que l’on tourner négativement quoi, avec le physique en première ligne) des autres en avant pour se donner plus de valeur en se mettant en avant…

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