Naissance

On dit beaucoup que les grossesses ne se ressemblent pas. J’ai trouvé les deux miennes assez semblables physiquement. Les mêmes sensations, les mêmes symptômes, mais pas les mêmes questions.

J’avais peur que, du coup, j’aille vers le même accouchement, surtout que j’allais au même endroit.

A tel point que les derniers jours, j’étais en colère, persuadée que ça ne viendrait jamais naturellement, que je serais déclenchée comme pour le premier. J’ai refusé que mon gynéco m’examine lors du dernier rendez-vous (ça ne lui avait pas plu du tout), de peur que soit il trouve une bonne raison de m’envoyer à la maternité, soit que l’examen déclenche l’accouchement. Je voulais que ça vienne de moi et de ma fille, je voulais être sûre qu’on soit prêtes toutes les deux. DSC_0335

J’avais eu une nuit de faux travail, qui m’avait renforcée dans l’idée que je n’accoucherais jamais. Aussi ce soir-là, quand j’ai senti les mêmes contractions, j’ai soupiré devant la nuit morcelée qui n’allait mener à rien d’autre que de la fatigue. J’ai donc dormi le plus possible entre deux contractions.

Mais quand même, au bout d’un moment, je trouvais ça vraiment pas confortable, et je trouvais que je me réveillais souvent. J’ai donc consulté plusieurs fois l’heure, pour m’apercevoir que c’était à peu près 20 minutes d’écart.

Mais je n’y croyais quand même pas.

Quand c’est devenu 15, j’ai réveillé mon mari, embêtée à l’idée de le lever pour rien.

Je garde donc cette image rigolote de mon mari surveillant sa montre et me pressant de partir (mais ça fait plus que 10 minutes là !!!!!), et moi qui errait dans l’appartement en mangeant des kinder (paske bon, si jamais on y va, ils vont m’empêcher de manger).

Je me souviens aussi, dans la voiture, dire à mon mari qu’on y allait peut-être pour rien, qu’on avait dérangé mes parents pour rien, et …. AAIIIIIIIEEEEEUUUUUH accélère !!!! Evite les trous !!!!!!

Alors bien sûr j’ai eu droit à une réflexion à la noix du gynéco, d’une sage femme qui voulait me faire peur (votre bébé n’aime pas les contractions, regardez, le cœur s’arrête, allongez-vous ! Mon bébé va très bien, votre monito ne capte plus rien quand je m’assieds, j’ai beaucoup moins mal assise), d’un anesthésiste bizarre (mais purée qu’est-ce qu’il a bien bossé), d’une sage-femme qui appuyait sur mon ventre…

Mais il y a aussi la sage-femme qui a demandé mon accord pour un produit, une autre qui s’excusait pour la perf, la prévenance devant mes tremblements de froid. J’ai poussé comme je voulais, j’ai eu les sensations comme je le voulais, j’étais relativement confiante, et ma fille est venue à nous comme une petite fleur, il était un peu plus de 8h (je crois que j’ai réveillé mon mari vers 4h).

Une si belle petite fleur… Je ne me souviens pas du visage des sage femmes (pardon… quand j’ai revu celle qui avait été le plus présente je ne l’ai pas reconnue), ni de quand le gynéco est parti, mais je me souviens du visage de ma fille me regardant.

Je me souviens bien que je saignais trop, et que j’ai du garder des contractions pendant plusieurs heures après, et que j’étais fatiguée. Et qu’à la sortie la sage femme m’a dit que j’avais eu l’air de beaucoup souffrir.

Je me souviens bien de cette puéricultrice adorable, drôle, gentille, avec des conseils toujours délicatement placés. Elle mettait de la vie dans le service et de la bonne humeur plein les couloirs. De l’infirmière qui me disait que j’étais la seule prête et habillée quand elle passait le matin. De celle qui m’avait réveillée parce que MADAME VOUS DORMEZ AVEC VOTRE BEBE SUR LE VENTRE ! (Sans blague ? Elle a grimpé toute seule !!)

Je me souviens comme c’était HORRIBLE de voir partir mon petit bonhomme le soir, qui me tirait par le doigt pour que je rentre avec lui.

Je me souviens aussi comme tout était FACILE comparé au premier séjour. Comme c’était tranquille aussi. Les soins tout en douceur en tête à tête, près des autres parents dans la salle, parce que j’étais moins coachée, moins surveillée. Moins examinée aussi, merci pour mon intimité.

Je repense avec douceur à ces premiers jours, au soulagement et à la joie de mieux récupérer. Mais un bon sentiment de parent ne vient jamais seul, j’ai souvent été triste pour mon fils, celui qui a essuyé les plâtres, celui qui a subi la dépression de sa maman. C’est quelque part tellement injuste que ça soit si facile avec sa petite sœur !

Mais il faudra que je vous en reparle, de mon petit bonhomme, que je vous raconte tout ce qu’on est en train de réparer tous les deux.

Ce 21 février 2013, nous sommes devenus 4. Nous n’avons pas eu besoin de faire de la place à notre petite belette, c’est comme si elle avait toujours été là.

Ma petite puce, si sereine, et si volontaire

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2 réflexions sur “Naissance

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