Allaitement : et si c’était à refaire ?

Je traîne beaucoup (trop, et « trop » a des sens divers) sur Twitter et ça parle beaucoup de bébé suivant, et d’allaitement, entre autres.

 

Et même si ça ne sert à rien car le projet bébé 2 n’est même pas encore lancé, je ne peux pas m’empêcher de me poser la question, et d’y réfléchir : est-ce que je retenterais l’allaitement maternel ?

 

Il ne s’agit pas du tout de savoir si, sachant ce que je sais maintenant, sachant comment ça s’est passé (Allaitement : le non choix), j’aurais ou non tenté d’allaiter au sein notre petit bonhomme.

 

Il s’agit de savoir, avec ce que je sais maintenant, sachant comment ça se passe avec petit bonhomme, si je retenterais l’expérience avec un deuxième enfant.

 

Le problème majeur finalement, c’est peut-être d’en être au biberon. J’ai le sentiment que c’est un peu comme la péridurale : une fois qu’on a goûté aux avantages, difficile d’y renoncer malgré les inconvénients…

 

Le biberon, c’est une grande liberté.

La liberté de le déléguer, de sortir, de dormir. Et oh que les trois sont précieux…

De manger et de boire ce que l’on veut sans craindre une carence pour le bébé. J’ai quelques soucis avec la nourriture, il y a beaucoup de choses que je n’arrive pas à manger, et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai pris trop de poids pendant la grossesse, j’avais trop peur qu’il manque quelque chose à mon petit bonhomme.

 

Le biberon, c’est sauvegarder ma pudeur : je ne sais toujours pas si je serais capable de donner le sein en public, même restreint comme ma famille proche.

 

Le biberon, c’est sauvegarder mes couches lavables, vu que certains bébé allaités font des cacas explosifs, et que je ne sais pas si mes couches y résisteraient.

 

Le biberon, une fois qu’on a trouvé la bonne combinaison biberon-tétine-lait (Donner le biberon, c’est simple. Que tu crois.), c’est sans souci de lactation (de production, de débit etc).

 

Le lait industriel est chimique et moins adapté aux petits loups que le lait maternel… Mais ça je vous avoue n’être pas tellement convaincue, vu ce que nous-même pouvons ingurgiter comme produits chimiques (et du fait qu’il n’existe plus vraiment de sélection naturelle chez l’être humain)… Est-ce que les laits maternels sont testés pour voir si tout ça est filtré ??

 

L’allaitement au sein est vendu comme aidant à perdre plus rapidement ses kilos en trop de grossesse. Sauf que là encore, j’ai eu beaucoup de contre-avis. Il semble qu’il faille attendre la fin de l’allaitement pour escompter commencer à perdre, car le corps conserverait graisse et eau pour fabriquer le lait.

 

L’allaitement au sein est censé favoriser le lien mère-enfant. Sauf que dans notre cas, ça l’a plutôt mis en péril. Est-ce que j’aurais envie de reprendre le risque ? Est-ce que je pourrais avoir une approche suffisamment différente pour que, même si ça foire, le lien ne soit pas mis à mal ?

 

L’allaitement au sein diminue la libido car il diminue la production de je-ne-sais-plus-quelle-hormone… (Tiens, ENCORE un truc appris sur le tard et par hasard au sujet de l’allaitement au sein, quand arrêtera-t-on de nous mentir/de nous cacher des informations ?).

 

Le biberon c’est cher. Il faut investir dans le matériel et le lait.

Voilà tout ce qu’il me reste comme argument pro-sein.

Ca ne pèse pas bien lourd…

 

Il est clair à la lecture de cet article qu’on se dit : ben y’a pas à se poser la question, elle a pas envie de retenter, c’est clair.

 

Mais il reste cette foutue culpabilisation (Ah ouais quand même ! La culpabilisation des mères), ces fichus concours de mamans (Ah ouais quand même ! Les mamans en concurrence), qui pèsent tout de même plus que je ne le voudrais. J’ai aujourd’hui toujours du mal avec les questions de celles qui allaitent au sein, je regarde encore trop mes chaussures pour répondre à la question « tu l’allaites ? ».

(Ce qui au passage m’agace, d’abord parce que je n’ai pas à rougir d’avoir foiré, ensuite parce que la question est finalement souvent déplacée car très personnelle. )

 

Il reste surtout cette culpabilité personnelle de ne pas réussir à prendre les choses avec un certain détachement. J’aimerais imaginer bébé 2 allaité au sein en toute détente, naturellement, sans prise de tête. Ca marche c’est bien, ça ne fonctionne pas tant pis. J’aimerais être sûre de savoir me, et le, défendre contre le personnel de la maternité qui veut lui tenir la tête et la forcer au sein tout en me pressant douloureusement la poitrine. Avec le recul je trouve ça juste violent, physiquement, mais surtout moralement.

J’aimerais être sûre que je saurai me, et lui, donner le temps de trouver, sans angoisse, sans culpabilité, notre rythme. J’aimerais tenter de connaître cette plénitude si souvent décrite.

Finalement, j’aimerais avoir abordé les choses comme ça pour petit bonhomme, mais j’en étais très loin.

 

Hum. Comme très souvent, la plus grande part de culpabilité est générée par… moi-même. Par l’image que je me suis faite de la maternité, de la maman que je pensais qu’il fallait être. Et qui ne me correspond peut-être tout simplement pas.

 

Est-ce que je suis, ou est-ce que je peux ET veux devenir cette personne ?

Est-ce que ce que je suis, peux ET veux devenir est compatible avec l’allaitement au sein ?

 

C’est probablement la question la plus importante, celle qui résoudrait vraiment le « problème ». Est-ce que les conditions pour réussir un allaitement maternel ne sont tout simplement pas très éloignées de mon caractère ? Et est-ce que du coup je n’irais pas droit vers un nouveau mur de culpabilité que j’aurais créé toute seule comme une grande ??

 

De manière générale… Est-ce que faire le deuil de ce qu’on s’imagine devoir être comme future maman, et comme future personne en fin de compte, ne résoudrait pas beaucoup de nos dilemmes et soucis quotidiens ?

Plutôt que de partir de ce qu’on voudrait être, en prenant le risque de ne jamais y arriver, ou d’arriver à un endroit imprévu, est-ce qu’il ne faudrait pas partir de ce qu’on est, et voir ce qu’on peut faire de meilleur avec ? De meilleur dans le sens : capitaliser sur nos forces, « sublimer » ce qu’on sait faire, plutôt que chercher à devenir quelqu’un d’autre parce qu’on pense que ça serait mieux (et au final, sans en être certain…) ?

 

C’était la prise de tête du jour… Bonsoir 🙂

 

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Une réflexion sur “Allaitement : et si c’était à refaire ?

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