Couches lavables faites maison, mais pas que

Encore un épisode dans la couche lavable ! Je vais tâcher ici de faire une synthèse de toute l’aventure couches lavables. Pourquoi ce choix, comment elles sont faites, comment on les stocke, les lave, ce que ça donne au quotidien… Et tu verras que chez Vaallos, on a fait la couche lavable soi-même, mais pas que ça 🙂

 

Pourquoi la couche lavable ?

 

Par souci d’économie, d’écologie, et de bien-être de la peau de bébé.

 

Economie, parce que le budget jetable, de la naissance à la propreté, oscille entre 2 et 3 000 euros par enfant, selon les marques. Alors qu’en lavable, j’ai commandé pour 270 euros de matériel : à savoir les tissus, les boutons, et la pince à pression pour poser les boutons. Avec tout ça, j’ai fait deux lots de 20 couches : taille naissance, et une taille plus grande qui doit tenir jusqu’à la fin. Donc 270 euros de la naissance à la propreté, tous les enfants confondus. Et encore, sur les inserts (j’explique après), j’ai quelque chose comme 3 mètres de tissu en trop. A ces 270 euros on ajoute les lessives, j’entends par là l’eau, la lessive, l’électricité, que les sites évaluent autour de 250 euros par enfant.

 

Ecologie, pour des raisons évidentes. Même en tenant compte du fait que les couches lavables utilisent beaucoup d’eau et de lessive, sachant qu’il faut énormément d’eau et de produits chimiques pour les fabriquer, on s’y retrouve. De plus, j’utilise une lessive écologique.

 

La peau de bébé, car on entend que beaucoup des produits mis dans les couches sont louches.

 

On n’est cependant pas des extrémistes. En sortie, quand on sait qu’il y aura un change, c’est couche jetable.

 

Les lingettes :

 

Au début, on nettoyait les fesses de bébé avec un gant de toilette. Mais ça n’est pas très pratique. Le gant sent vite mauvais, il faut donc le changer souvent, ce qui fait beaucoup de lessive, et demande d’avoir plein de gants en stock. Surtout qu’en cas de caca, il faut envisager d’utiliser plusieurs gants pour le même change. Ou alors on se retrouve à nettoyer le gant en cours de route ou après le change, ce n’est pas très pratique.

 

On est donc rapidement passés à la lingette lavable. C’est-à-dire que j’ai utilisé des chutes de tissu des couches pour faire des carrés tout bête, en micro-éponge de coton biolotique (en clair, du tissu comme les serviettes de toilette).

Je ne les montre pas ici, parce qu’elles ne sont pas jolies, il n’y a pas de finition, ce sont de simples carrés ou rectangles de tissu (plus très carrés ni rectangulaires à force d’être lavés d’ailleurs). Je n’ai aucun intérêt à ajouter un biais (un genre de boudin pour faire le tour du tissu, qui fait une très jolie finition) : c’est un investissement en temps (pour les coudre), en argent (pour les acheter), et re en temps (ça ajoute du temps de séchage).

 

Le liniment :

 

Le liniment oléo-calcaire est un produit à base d’huile d’olive et d’eau de chaux (50-50), qu’on trouve en pharmacie et en grande surface. Il a l’avantage d’être naturel, il peut même être biologique.

 

Nous, on le fabrique à la maison, grâce au site Aroma-Zone pour les produits, et Maman sur terre pour la recette.

 

On le stocke dans des distributeurs de savon liquide, qu’on peut trouver en grande surface, dans la magasins de bricolage, dans les magasins dédiés salle de bains ou cuisine. Les nôtres viennent de Leroy Merlin.

 

Les couches :

 

J’ai opté pour le système dit « tout en un » ou TE1, avec poche/insert.

 

Concrètement, cela veut dire que la couche lavable ressemble à une couche jetable, elle est prête à l’emploi, ou presque. Il y a à l’intérieur une poche servant à glisser un tissu absorbant, qu’on appelle un insert.

 

L’extérieur de la couche est en PUL (polyester enduit polyuréthane). La face externe a un touché proche du tissu, la face interne plus proche de la toile cirée.

C’est un tissu imperméable dont l’utilité est assez évidente ^^

 

 

L’intérieur de la couche est de la micro-éponge de coton biologique, donc là encore, comme une serviette de bain.

Après plusieurs lavages, le coton perd un peu de sa douceur (c’est relative, ça reste exactement comme une serviette de bain quand on n’utilise pas de sèche-linge (car je crois que le sèche-linge les conserve toutes douces)), et commence du même coup à faire son action « fesses au sec » : il laisse passer les liquides, sans drainer de toutes part ou ruisseler. Il reste donc relativement sec.

 

 

L’insert est en micro-éponge de bambou. C’est un tissu ultra-absorbant. Il lui faut une dizaine de lavages pour s’épaissir et atteindre son absorption maximale.

Nous utilisons des rectangles pliés en 4. Là encore, pas de photo, pour les mêmes raisons que les lingettes 🙂

On le glisse simplement à l’intérieur de la poche prévue à cet effet.

 

Il y a plusieurs séries de pressions.

Celles qui servent à fermer la couche au niveau de la taille, permettant de l’ajuster au niveau du bidou. C’est un double-rang qui permet de bien maintenir la couche. Ainsi elle ne vrille pas, et ne se plie pas. Elle est bien maintenue sur le ventre.

 

 

Celles qui servent à raccourcir la couche dans sa hauteur, afin de s’adapter au niveau des cuisses.

 

 

Les élastiques seuls ne peuvent pas remplir ces fonctions, il faudrait les tendre très fort, ce qui serait très inconfortable à porter, et rendrait les temps de séchage des couches plus longs (les élastiques très tendus regrouperaient le tissu en un gros paquet).

 

 

Le stockage :

 

Du fait qu’on utilise du PUL, on ne doit pas laisser tremper les couches. Certains modèles peuvent tremper dans du produit désinfectant et/ou désodorisant : par exemple de l’eau avec de l’huile essentielle.
Attention, seules deux huiles essentielles sont autorisées chez les tout petits : l’arbre à thé, et la lavande. Encore que, pour la lavande, il vaut mieux attendre 6 mois pour l’utiliser sur sa peau (vous pouvez donc en mettre pour désodoriser les couches le temps de les laver, mais pas en mettre dans le liniment les premiers mois).

Le PUL donc, ne doit pas tremper, sous peine de finir par perdre son étanchéité. Avouez que ça serait un peu embêtant 😀

 

Nous utilisons deux poubelles de salle de bains de 10L, avec couvercle. Une pour les inserts/lingettes, une pour les couches. La séparation sert à éviter que le PUL ne soit mouillé donc.

Nous ne mettons aucun désodorisant. Les poubelles ferment suffisamment, ça ne sent rien dans la salle de bains.

 

L’entretien :

 

Je fais une lessive tous les deux ou trois jours (selon le temps de séchage), à 40 degrés, sans prélavage, avec un bouchon complet de lessive écologique.

J’étends puis stocke dans un tiroir sous la table à langer.

 

Les temps de séchage sont variables. En ce moment, c’est l’inter-saison : il ne fait pas assez froid pour que le chauffage collectif ait été mis en marche dans notre appartement, mais pas assez chaud pour que le linge sèche vite. Néanmoins j’arrive globalement à étendre une lessive toutes les 24h.

 

Quand les couches grande taille seront bien en route, j’en sortirai une de temps à autre du circuit, pour la passer à la Javel. Il reste parfois des tâches. C’est de la tâche propre comme dirait ma mère, mais j’aime que ça reste net. C’est pour ça que j’ai choisi de les faire blanches.

Pareil pour les lingettes.

 

Le pipi :

 

Ne pose aucun problème. Une fois la couche rodée (quand elle a passé plusieurs lavages), nous n’avons aucun souci de fuite. Jusqu’ici, les inserts n’ont jamais saturé : quand on les sort des couches, ils sont parfois bien mouillés, mais il n’y a pas de goutte qui s’en échappe.

Nous changeons bébé avant chaque biberon, ce qui revient à 5, parfois 6 fois par jour.

 

Le caca :

 

Beaucoup de sites internet vendent une sorte de papier biodégradable et lavable permettant de recueillir le plus gros des selles. Ca se présente comme un paquet de mouchoirs.

C’est un papier qui se met tout simplement dans la couche, entre la couche et les fesses de bébé. S’il n’y a que de l’urine, il peut se laver deux, ou trois fois. S’il y a des selles, il se jette dans les toilettes, on tire la chasse d’eau, e basta.

 

Nous n’utilisons pas de papier. Nous récupérons le plus gros avec une cuiller à soupe (c’est à peu près ce qu’il fait par couche), direction les toilettes, et ensuite nous lavons à l’eau froide.

Je n’ai pas tenté de mettre une couche souillée de caca directement dans une machine de couches (je veux dire en enlevant le plus gros et sans pré-laver). Je pense que des tâches resteraient, et j’aurais peur que tout le lot sente mauvais. Donc on pré-lave rapidement à la main.

Toujours pour éviter que le PUL macère dans l’humidité, on laisse sécher la couche, avec une goutte d’huile essentielle de lavande sur le coton, ça suffit pour qu’elle n’embaume pas la pièce.

 

L’effet grosses fesses :

 

La lavable est plus épaisse que la jetable, c’est indéniable.

Si j’ai choisi de faire deux lots, c’était pour limiter les « dégâts » les premières semaines.

Notre bonhomme est en haut des courbes de croissance, il porte du 6 mois actuellement. Il y a des vêtements 3 mois qui lui vont encore, mais je n’ai pas eu envie de passer du temps à tester. Quand j’ai vu que plusieurs vêtements 3 mois étaient justes ou trop petits, j’ai changé de pile.

Je n’ai pas l’impression que la couche lavable lui fasse porter une taille de plus. On utilise des jetables régulièrement, je constate qu’elles sont plus petites, mais je ne crois pas que ça soit à ce point-là. Je dirais que la jetable retarderait, pour l’instant, le changement de taille de vêtement. Mais ça devrait se tasser avec le temps, étant donné que ces couches sont censées tenir jusqu’à la propreté.

Les couches lavables ne l’empêchent pas d’allonger ses jambes bien droites.

 

Mon avis personnel :

 

C’est très confortable d’utiliser des couches lavables avec notre petit bonhomme. Encore plus si on utilise le papier pour les selles. Pas de souci de courses, de poubelle qui sent mauvais, l’utilisation est somme toute très proche d’une couche jetable. On la prend, on met l’insert (sauf si préparées à l’avance), on la met sur le popotin et zou. Pour la couche sale, juste une manipulation pour enlever l’insert et mettre le tout dans deux poubelles.

 

Evidemment il faut trouver son rythme pour les lessives. Je ne conseille pas de se lancer dans les lavables dès le retour de la maternité. On a bien assez à faire, à commencer par récupérer. Pour ma part, je m’y suis mise au bout d’un mois. Ca ne m’a jamais pesé.

 

Et si j’oublie une lessive, eh bien petit bonhomme met quelques jetables, et puis voilà.

 

 

Voilà, j’ai essayé d’aborder tout ce à quoi j’ai pensé autour des couches lavables faites maisons. Mais si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à commenter ou à me contacter, je répondrai avec plaisir, et éditerai l’article afin qu’il soit le plus complet possible !

 

(Et pour suivre les précédents épisodes :

Elle est pas belle ma couche lavable ?

Elle est pas belle ma couche lavable deuxième génération ?

J – 7 ; couches lavables prêtes

Couches lavables maison : un premier bilan

Couches lavables maison : un second bilan)

 

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