Et toi, tu laisses pleurer ton enfant ?

Parfois le net me fatigue… Il me fatigue par l’ampleur et le nombre de jugements à l’emporte pièce, du type « tu laisses pleurer ton nain ? Alors tu l’aimes pas/t’es cruelle/t’as pas de cœur/tu t’en fiches ». Donc lectrice, lecteur, tu t’en doutes, il m’arrive de laisser pleurer MON enfant. Et pourtant, figure-toi que je l’aime, que je ne m’estime ni cruelle ni manquant de cœur, et que je ne m’en fiche pas. Alors si d’aventure tu as envie de me pourrir dans les commentaires, attends au moins la fin de l’article.

Situation 1 :

MON fils dort depuis un moment, et je l’entends appeler (non, il ne parle pas, mais ces cris-là me font toujours penser à un appel, parce qu’il fait une fois « ouin » puis il attend, et recommence, de plus en plus souvent et fort s’il n’a pas de réponse (genre, si je suis aux toilettes)). Là j’y vais de suite, je sais qu’il a faim, ou qu’il a un souci.

Situation 2 :

MON fils dort depuis peu, et il crie un peu. J’attends un petit peu. Parce que ça lui arrive parfois, entre deux cycles de sommeil, de se réveiller à moitié, et de râler ainsi. Si quelque chose le dérange, il va continuer, et je vais venir. Si c’est juste parce qu’il n’est pas content de s’être réveillé, il va se rendormir. Et si j’interviens trop tôt et que c’est la situation deux, je vais le réveiller complètement, et ça ne va pas aller, parce qu’il a encore besoin de dormir.

Situation 3 :

MON fils est au salon, avec moi, avec nous. Il a mangé, il a les fesses propres, parfois il a gazouillé un moment, et puis, il commence à s’endormir. Sauf qu’il n’a pas envie de s’endormir. Alors il lutte, il s’énerve, il crie. Si nous le gardons avec nous, il va continuer de s’énerver, partagé probablement entre le besoin de sommeil et l’envie de rester éveillé. Alors on le met dans son lit, on lui fait un câlin, on lui explique ce qu’il se passe, et on le laisse. En général, après deux minutes de cris, il s’endort pour plusieurs heures (preuve, il me semble, qu’il en avait besoin).

Situation 4 :

MON bébé a mal. Un rot ou un prout coincé, peut-être une crampe intestinale, un petit peu de reflux, ou de la mauvaise humeur (?). Rien ne le console. Parfois une position le calme quelques minutes et ça repart. Il prend un peu de biberon, semble s’endormir, se réveille, crie. Parfois il sommeille un petit moment, et ça repart. Cela arrive de temps en temps, cela peut durer DES HEURES. Par exemple, hier, l’épisode à duré cinq heures. C’est très fatiguant pour lui, pour moi, pour nous quand nous sommes deux, cela use le capital patience et calme. Alors oui, au bout d’un moment, quand je suis à bout, je le mets dans son lit, je lui fais un bisou, je lui explique ce qu’il se passe, je ferme la porte et je vaque à des occupations. Ou je crie dans un coussin (merci Nurselily, ça marche très bien !). Le temps de recouvrer mon calme. Parce que je pense que ma présence ne l’apaiserait en rien, et parce que je ne veux pas en venir à le rudoyer ou à lui crier dessus.

Dans toutes ces situations, on a essayé divers astuces, méthodes, on a cherché, et on n’a pas toujours trouvé.

Bilan :

NON je ne suis pas cruelle, infâme, et je ne crois même pas être une mauvaise mère quand je fais ça. J’aimerais être un monstre de patience, avec un capital infini à sa disposition, pour résister plus longtemps à la situation 4. Je recherche régulièrement des astuces sur internet. Mais je pense que je fais ce qu’il y a de mieux pour lui dans ces moments-là, avec les armes dont je dispose.

NON je ne suis pas insensible, je DETESTE l’entendre pleurer, et je m’accroche à mon siège pour ne pas y aller lorsqu’il crie pour s’endormir. Mais je sais que MON bébé en a parfois besoin, j’ai CONSTATE qu’en y allant ça l’empêche encore plus de dormir, bref, IL ME SEMBLE que dans ces moments-là je fais ce qu’il faut pour MON bébé.

Pourquoi je mets « mon » en majuscule partout ? Parce que comme tout dans la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, l’éducation, il n’y a pas de réponse universelle qui fonctionne avec tous les bébés et toutes les mamans. On doit faire avec ce qu’on est soi-même, et en fonction de ce qui marche avec notre enfant. Et s’il y a bébé2, je suis certaine que tout sera différent, que j’essaierai de faire pareil pour constater que ça ne fonctionne pas et qu’il faut procéder autrement.

Ca m’agace de me retrouver à écrire ce billet, car je sais bien qu’il sonne comme une excuse, de la justification, que ce n’est pas seulement et toujours dans le but d’aider d’autres mamans, mais aussi pour chercher un assentiment et être rassurée. Parce que quand on surfe, on s’en prend plein la gueule.

Je voudrais dire, gentiment et honnêtement, à ceux/celles qui ont le réflexe « laisser pleurer = cruauté », de venir chez moi, un de ces jours où bébé pleure pendant des heures, et de me montrer d’autres solutions. D’observer comment ça se passe quand il a du mal à trouver son sommeil, de me faire faire autrement, de me donner des idées que je n’ai pas, pour que ça se passe tout en douceur. Je ne demande pas mieux, vraiment 🙂

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22 réflexions sur “Et toi, tu laisses pleurer ton enfant ?

  1. Euh ouais… moi je comprends que tu ne puisses pas supporter de rester à côté d’un bébé qui pleure cinq heures d’affilée… O_o

    Je n’y connais pas grand’ chose, mais il me semble pas que ce soit conseillé de répondre à absolument tous les appels d’un bébé.
    Cependant, je ne blâmerais pas non plus les femmes qui le font, parce que certaines femmes ne peuvent juste pas s’en empêcher.
    Chacun fait ce qu’il peut, comme il peut. Faire de son mieux, c’est déjà beaucoup !!!

    Dur dur d’être parent… =|

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    • Il fait des pauses pour sommeiller un peu et reprendre des forces dans ces périodes 😛 Juste assez longue pour qu’on se dise ah ça y est on peut le mettre au lit et… en fait non 😛

      En fait c’est comme du puzzle… ‘faut réussir à assembler les pièces parents et bébé, et parfois on met du temps à trouver la bonne ^^

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  2. Entre nous, quand ce sont des étrangers, je m’en fiche un peu de leur jugement… par contre, lorsque la famille s’y met, c’est une autre paire de manche. Pour le bébé et son éducation je n’ai pas encore d’exemple (mais je sens que ça va être très énervant), par contre pour ma grossesse, parfois je me demande s’ils ne jouent pas avec mes nerfs et qu’ils aiment ça … allez courage, comme le dit si bien mon mari, c’est votre enfant, et vous êtes les mieux placés pour savoir ce qui est bien pour lui 🙂

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    • J’ai vraiment du mal avec le regard des autres, mais c’est logique, c’était déjà le cas avant d’être enceinte. Les choses sont plus faciles pour moi lorsque je suis seule avec bébé en crise, car je ne me parasite pas en me demandant quelle image je donne.

      Qu’est-ce qu’ils te font comme misères ? 😦

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  3. En fait, dans ce que tu dis, je trouve que tu ne laisses pas pleurer. Enfin moi je considère que je ne laisse pas pleurer ma fille et je me comporte comme toi. Pour moi, « laisser pleurer » ça veut dire laisser la petite au lit pendant trois heures même si elle a pas sommeil parce que j’ai décidé qu’il fallait qu’elle me laisse trois heures libres.

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  4. Je pense comme Cécile! Ce que tu dis en fait, c’est que tu ne le laisses pas pleurer sauf si tu sais que c’est juste quelques minutes, pour son bien, pour qu’il se calme, pour qu’il soit mieux que si tu le prenais…
    Bref, tu es une mère quoi! Qui fait au mieux car elle connait son enfant mieux que personne… et les com négatifs(de quoi ils smêlent déjà? jvois pas l’intérêt…)
    tu devrais les supprimer purement et simplement (du net et de ton esprit)

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    • Je suis sûre que oui. Il y a beaucoup de méthodes qui circulent sur internet, je suppose qu’il faut en essayer et trouver celle qui vous convient. (Je ne peux t’en conseiller aucune, pour l’instant il s’endort un peu partout !) Mais… c’est le cas pour beaucoup d’étapes, n’est-ce pas ? 🙂

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  5. Je suis à 100000% d’accord avec toi. Chaque bébé est différent, et les parents sentent très bien comment il faut réagir au mieux de ses intérêts.
    Entre ceux qui prônent de ne pas laisser le bébé pleurer même 10 secondes, et ceux qui recommandent de le laisser s’égosiller des heures sans y aller, il y a un tout un éventail de possibilités !
    Ce que tu décris avec ton enfant me paraît tout à fait normal, je fais exactement pareil avec ma fille. Mais qu’est-ce que j’ai déjà pu lire comme bêtises sur le sujet…

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  6. Maman d’une princesse pleureuse j’ai longtemps culpabilisé à l’idée de la laisser pleurer pour s’endormir, perdue au milieux de mille conseils inutiles et contraires … En en fait un jour on m’a dit « Fais comme tu le sens » et depuis j’ai compris : ma fille a besoin de pleurer pour s’endormir ! C’est un besoin et non nous ne sommes pas cruelles ! Juste à l’écoute de nos enfants 😉 Alors oui il y a différentes façons d’être à l’écoute … mais merci pour ce billet ^^

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    • Quand on arrive à s’écouter sans penser aux conseils et jugements, on trouve souvent la réponse, mais ce n’est pas toujours facile !

      Merci de ton témoignage 🙂

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  7. Comme d’autres, je n’ai pas vraiment l’impression que tu sois quelqu’un qui laisse pleurer son enfant – et je fonctionne essentiellement comme toi.
    Ce que j’appelle pleurer, ce sont des amis qui m’ont expliqué qu’un jour, ils avait atteint leur limites pour les nuits et ont donc laissé pleurer leur petite fille de quelques mois pendant 2h, jusqu’à ce qu’elle s’endorme et ainsi, c’était réglé, elle a ensuite fait ses nuits. Bon, c’est discutable mais s’ils avaient atteint leurs limites, que pouvons-nous dire ? C’est toujours mieux que de la secouer, non ? Moi, je n’aurais pas pu faire ça (je fais partie de celles qui ont du mal à laisser pleurer) mais bon…
    Par exemple hier soir, j’en pouvais plus : impossible d’endormir bébé (11 mois), dans son lit ou dans les bras, tout ce qu’il voulait c’était sortir de sa chambre et revenir avec nous dans le salon, alors même qu’il était clairement crevé. Après avoir passé plus d’1/2h à le poser, le reprendre, chanter, l’endormir, qu’il se réveille une fois posé, repris, câliné, parlé, rassuré, n’avoir rien dit tout en le berçant, BREF après avoir épuisé toutes mes techniques et avoir commencé à saturer, je l’ai posé dans son lit et lui a dit que son père allait prendre le relais parce que j’en pouvais plus.
    Et là, si le père n’avait pas été là, bin je l’aurais sûrement laissé pleurer 10 min tout seul le temps de me calmer, c’est évident. Puis j’y serai retournée (et j’aurai encore mangé à 23h un repas froid. pas facile tous les soirs)

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    • Je pense que je ne pourrais pas tenir 2h non plus, j’ai déjà du mal à tenir dix minutes. Ou alors pas toute seule, mais je peux comprendre qu’on en arrive là (et qui sait, ça m’arrivera peut-être un jour…) quand on n’en peut plus (tant que bébé n’est pas en danger).

      Le relai par le papa c’est une merveilleuse soupape pour décompresser un bon coup dans les moments difficiles…

      (Ah les repas froids, le yaourt tiède, la glace fondue !!)

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  8. Encore un sujet qui me rapproche de toi, et qui me déculpabilise… Je ne sais pas à quoi me servirai d’aller voir un « spychologue » quand je sais que Vaalos est là pour me rassurer et me prouver que je suis normale, une maman comme une autre… Merci, un fois de plus pour ton témoignage brûlant de vérité ! J’adore.

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  9. Ravie que ma « technique du cri de guerrière » fonctionne pour toi aussi.
    Avoir un bébé qui pleure beaucoup je connais, vive les RGO!! Et je sais que ce n’est pas facile, c’est un vrai déchirement à chaque fois, mais parfois faut laisser faire même à contre coeur. Moi je le laisse pleurer un peu, parfois non, parfois beaucoup c’est comme je le sens. Du moment qu’on est au clair là-dessus, avec soi-même et son conjoint, je vois pas où est le problème.

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    • Oui tu as bien raison de soulever le « problème » du conjoint : être d’accord, et avoir la même ligne de conduite globale.

      Je ne sais pas si c’est du reflux qui le tracasse par moments. Parfois c’est un rot qui coince, parfois on ne sait pas trop. Mais ça n’est pas tous les jours, on (et lui !) ne souffre pas autant que beaucoup de parents confrontés au RGO. Parfois ça dure une heure, parfois cinq, parfois pas de la journée, parfois on cerne le problème, parfois non. Dans tous les cas, le plus j’écoute ma « petite voix », le mieux ça se passe…

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  10. Pour te répondre, tout y passe, de ma manière de m’alimenter (après tout, je fais un diabète de grossesse, si c’est ça, c’est que je ne mange que des cochonneries … Depuis toujours je suis très fruits et légumes, les choses sucrées et chimiques très peu pour moi ou alors un de temps en temps, mais bon, c’est sûr, c’est de ma faute, si le bébé a un problème, ce sera à cause de moi); mon rythme de vie, avec mes insomnies; à notre choix commun avec mon mari de faire un allaitement « mixte » (moit’ sein moit’ tire-lait et donc biberon… Du moins si j’y arrive ^^ ); à notre choix de nous mettre aux CL (on retourne en arrière c’est n’importe quoi); notre choix de meubles pour le bébé, et j’en passe. Tout est motif pour la critique, que cela soit de ma famille ou de la belle famille. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir un époux qui soit à mon écoute les nuits où je m’angoisse à cause de leur remarques vexantes, je me rends compte que la confiance est quelque chose qui ne nous est pas acquise, et c’est très dur de l’accepter, surtout lorsque le D-Day approche à grand pas.

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    • C’est « marrant » comme les gens peuvent se mêler de nos vie parfois. Typiquement les couches lavables : qui va les utiliser, les laver au quotidien ? Les parents ! Le lait : qui va le donner, le fabriquer ? Les parents ! Etc… Je ne comprends pas en quoi ça peut déranger l’entourage o_O Surtout que la couche lavable moderne est quand même vachement loin du lange d’antan.

      Il y a une grande différence entre le conseil donné en bonne intention et la critique gratuite :/ Ce n’est pas facile surtout que les hormones de grossesse rendent souvent plus sensible qu’en temps « normal », et qu’on se pose déjà beaucoup de questions.

      Essaie de relativiser en te disant que beaucoup de ces choix n’ont pas une énorme importance. Par exemple si les couches lavables ne conviennent pas, vous reviendrez aux jetables, ou vous mixerez les deux. Si un meuble n’est pas pratique, vous pourrez toujours le bricoler, ou en prendre un autre, ou l’utiliser autrement etc. Ce qui sera important, c’est d’être ensemble, d’aimer votre enfant, de l’observer pour apprendre à le connaître et à le comprendre. C’est ça qui va compter pour lui.

      Vous vous en sortirez comme tous les parents avec un peu de temps et d’entraînement. Et si l’entourage est pénible, si cela vous est possible, donnez-vous le droit de les mettre à distance, surtout au début, faites vous un petit cocon le temps de trouver vos marques tranquillement…

      (Dispo par mail à vaallos.encore1blog@gmail.com si tu as envie de parler de tout ça ^^)

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