Le blues, la suite

Mon mari dit que depuis le temps que ça dure, ce n’est plus un blues, c’est une dépression du post-partum (à vos souhaits). Moi, je ne mets pas tellement de nom dessus. Baby blues, fatigue blues, déprime…J’ai l’impression que je suis incapable de la moindre décision. Même de savoir quoi faire de mes journées.

 

Forte de vos conseils j’en parle. Autant que j’y arrive. Ca coince un peu. Et puis Miss Brownie m’a suggéré de le faire ici. Et je me suis dit que ça correspondait à un des objectifs de ce blog (La blogosphère, c’est super). C’est difficile pour moi d’exprimer ce qui se passe dans ma tête, mais ça me fera peut-être du bien, et ça aidera peut-être une jeune maman dans le même cas que moi.

 

Parfois, je manque de patience, et je m’en veux horriblement. Je le dispute, je râle si j’ai fait un biberon pour rien, je pleure, je me dis que ça doit le stresser affreusement. J’ai l’impression d’être un monstre parce que certains repas ne sont pas un moment d’échange, de douceur, de calme comme cela le devrait.

 

Ca m’agace souvent quand le repas dure plus d’une heure.

 

J’ai peur de regretter son arrivée, de m’être trompée, de ne pas aimer la vie de maman.

 

J’ai proposé à mon mari qu’on se sépare, je lui ai demandé d’y penser sérieusement, parce que je me dis qu’une femme déprimée ça doit être ultra pénible, et que ce serait probablement mieux pour lui, et pour notre fils, si je m’en allais.

Je me demande souvent pourquoi il reste, et pourquoi mon fils pourraient bien m’aimer.

 

Quand bébé pleure la nuit, il m’arrive d’avoir envie d’ignorer et de me rendormir.

 

Je ne sais pas quoi faire avec lui quand il ne dort ni ne mange, qu’il est juste éveillé.

 

Je ne crois pas au lien mère-enfant « biologique » : pour moi ce lien peut se tisser entre n’importe quelle femme et n’importe quel enfant. Du coup, même si je l’aime de tout mon cœur, cela me fait mal de penser que pour lui, je ne suis rien de particulier, et qu’il pourrait être autant, voire plus satisfait, avec une autre femme.

 

Voilà un petit florilège des idées qui me hantent quotidiennement. Il y en a d’autres je crois. J’alterne des phases très angoissées et des phases de calme relatif où je retrouve un peu de bon sens, et où je me dis que mes sentiments sont simplement humains, normaux. Quand les idées noires s’éloignent elles deviennent floues et insaisissables.

 

Ce soir, nous partons en week-end chez mes parents. Ils nous ont proposé de nous relayer pendant deux nuits. Ce sera notre week-end dodo. Je pense que ça aidera beaucoup.

 

En revanche, je n’ai pas (encore ?) réussi à contacter la PMI. J’ai trop peur qu’on me prenne mon enfant. Pourtant, objectivement, il va bien, il est bien traité, il a des câlins, à manger, il dort bien, il s’éveille. Mais je n’arrive pas à me défaire de l’idée que je ne suis pas compétente, et qu’on pourrait me le retirer.

 

Je l’aime mon petit bonhomme. Je ne supporte pas l’idée de me séparer de lui. Et pourtant, si c’est mieux pour lui, je crois que j’aurais le courage de le faire. Et j’ai les mêmes sentiments vis-à-vis de mon mari.

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20 réflexions sur “Le blues, la suite

  1. La PMI, c’est pas toujours une bonne idée. En tout cas si tu tombes sur une grognasse comme moi, ça sera encore pire. Tu n’as pas un médecin de confiance à qui parler ?

    Pour le reste… oui, un week-end de repos fait du bien. Mais ne vous laissez pas « trop » conseiller, « trop » envahir dans vos décisions qui sont nécessairement les meilleures pour votre bébé. Même si tu en doutes.

    Chacun ressent les choses comme il veut, mais le lien mère-enfant biologique existe pour moi. J’étais marâtre avant de devenir mère et je te promets que les deux n’ont rien à voir. Le rejeton de mon homme sait parfaitement qui est sa mère et qui ne l’est pas. Ma fille sait que je suis sa mère, même si elle ne peut pas encore le dire. Elle ne réagit pas avec les autres femmes comme avec moi, il y a mon odeur, ma voix, les battements de mon coeur qui l’ont accompagnée pendant neuf mois avant son arrivée.
    Ton fils ne serait pas plus satisfait avec une autre femme, puisque tu le traites bien et avec amour.

    A son âge, c’est compliqué de savoir quoi « en faire » quand il est éveillé mais pas au bib. Tu peux tester un transat ou un tapis d’éveil, voir si ça lui plaît ?

    Moi aussi j’ai proposé à mon chéri qu’on se sépare, peu de temps après la naissance de notre fille (et pourtant, on se marie le 6 août). Je trouvais que j’étais invivable et, surtout, je ne supportais plus les caprices de son rejeton enfant-roi (je ne les supporte plus depuis que ma fille est arrivée car j’ai compris que je ne serais pas comme ça avec elle et que j’ai peur qu’elle souffre de voir une différence de traitement entre l’un qu’on laisse tout faire et l’autre à qui on fixe des limites). Bon, on ne s’est pas séparés, mais d’en parler a renforcé notre conviction que nous sommes faits pour avoir notre propre famille avec d’autres enfants. Et on se marie toujours le 6 août.

    La nuit, j’ai souvent été tentée de ne pas lever car j’étais trop crevée. Je comprends totalement… Je n’ai pas de solution :-/

    Oui on manque parfois de patience. Moi, je posais ma fille dans son lit pour qu’elle soit en sécurité et je la laissais pleurer trois ou cinq minutes seule, en allant sur le pas de la porte d’entrée pour prendre l’air et ne pas l’entendre. Je revenais plus zen, ça nous faisait du bien.

    Et si, parfois, il peut arriver qu’on en vienne à se demander pourquoi on a fait un enfant, tout l’amour qu’on a pour lui nous fait immédiatement renoncer à se poser la question.

    Je suis désolée pour ce commentaire fleuve. Je voudrais sincèrement pouvoir t’aider car je me retrouve dans beaucoup de tes mots.

    Sache que tu es une merveilleuse maman et que tu ne devrais pas en douter.

    Je t’envoie plein de bonnes ondes et, encore une fois, même si aujourd’hui ça te paraît totalement impossible, je te promets que ça passe. Gros bisous.

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    • Je ne connais pas trop le médecin qui suit mon ptit bonhomme. Mais comme on a la visite des un mois, je peux toujours essayer de lui parler et voir comment il réagit. Jusqu’ici il a été très bien alors…

      Je comprends ce que tu dis au sujet des conseils, on va rester vigilants 🙂

      On n’a pas testé le tapis d’éveil, je pensais que c’était plus tard, mais on essaiera en rentrant !

      Merci au contraire de ce commentaire fleuve et de me faire partager ta propre expérience. Ca me fait du bien car je ne me sens plus seule ni anormale. Ca m’aide à m’accrocher

      Gros bisous !

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  2. la pmi sont là pour t’aider alors si tu dis que tu as le baby blues…. ils vont pas te l’enlever! tu as raison sans doute il te faut du repos et etre moins dure avec toi!! courage ça va passer c’est sur!!

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    • Merci 🙂 Jvais essayer de les appeler en début de semaine… Je me dis qu’au pire, je ne pose que des questions sur mon fils, et je vois comment le courant passe

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  3. je ne connais pas une seule maman qui a un jour eu tes doutes… je ne connais pas une maman qui ne s’est pas posé des questions … tu es sur le chemin de ce qui te fais devenir maman. c’est l’enfant qui fait la mère. Rien n’est inné.

    courage et n’hesite pas à coucher tes mots ici !!!

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    • J’aime beaucoup cette phrase « c’est l’enfant qui fait la mère »

      C’est bon de savoir que tous ces doutes sont normaux, merci le blog et les bloggeuses 🙂

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  4. Pourquoi penser que ton enfant s’en fou de toi? Je veux dire, c’est vrai qu’il pourrait être elevé par une autre et qu’il serait heureux aussi. Ma fille passe la journée avec ma mere et je vois qu’elle est heureuse. si je ne revenais plus, si je mourais elle serait bien avec elle je n’en doute pas. Mais quand je rentre, que je l’a prend, c’est moi sa maman et elle m’aime je n’en ai aucun doute! pourquoi en serait il autrement! certain parents frapent leurs enfants et ces derniers les aiment quand même! toi tu es une bonne maman c’est impossible que ton enfant ne t’aime pas je t’assure.
    gros bisous et plein de courage!
    Quand ça ne va pas je prend un vagostabil, c’est sans ordonnance et pas fort du tout, je te le conseil

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    • J’espère que c’est parce que je ne suis pas bien que je le ressens comme ça, et que ça ira mieux ensuite. Il faut dire que quand je pensais bébé je pensais à bébé plus âgé, bébé qui sourit, qui tend les bras etc. Je n’avais jamais vu de nouveau-né finalement !

      Merci du conseil et du petit mot 🙂

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  5. tu es 100% normale, nous nous posons toutes plus ou moins ces questions à l’arrivée de nos enfants. Tu es une bonne maman, ne serait-ce que parce que tu veux le meilleur pour lui. Ton fils t’aime. Ton homme t’aime. Imagine toi dans la situation inverse: voudrais tu te séparer de ton conjoint s’il venait de mettre au monde votre enfant et qu’il était normalement fatigué et chamboulé?

    Je pense aussi comme Cécilie: écouter les conseils oui, mais à petite dose. C’est vous les parents, pas les voisins, pas les médecins, mais vous! Je me souviens de ce que m’avais dit une puéricultrice à la PMI quand Alexandre avait un mois: « en tant que pro nous avons la théorie mais même avec nos propres enfants nous sommes dans l’inconnu, fiez vous à votre propre jugement et si vous en avec besoin on vous épaulera »

    Sinon j’avais une question par rapport à ce que tu disais sur les bibs qui duraient plus d’une heure: c’est que ton fils a faim ou qu’il a besoin de têter? Moi dès la maternité ils m’ont dit que notre petit bout avait un grand besoin de succion et nous avons choisi la tototte (certains sont pour d’autres contre mais ce n’est pas le sujet) et du coup il était apaisé.

    J’espère que tu vas reprendre confiance en toi et en tes capacités, en attendant je t’envoie un max de bonnes ondes 🙂

    bises

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    • Je n’avais pas vu les choses sous cet angle, effectivement, si la situation était inversée…

      C’est chouette ce que t’a dit la puéricultrice, ça sonne « juste » et ça a dû t’aider de l’entendre

      Lorsqu’il a juste envie de téter, le niveau du biberon ne baisse pas, je ne sais pas comment il fait mais il tétouille et le lait ne coule pas. Par contre le lait qu’on utilise (en fait un mélange de lait anti-régurgitation avec un lait classique) est un peu épais, et suite à ton message on a revu notre dosage. Je ne m’étais pas tellement demandé si c’était normal que le repas dure aussi longtemps, et pourquoi. On a baissé le lait AR, ça rend le mélange plus fluide et il l’avale du coup beaucoup plus vite. Il vient de se faire un biberon en moins de 30 minutes !

      Bisous 🙂

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  6. Il faut que tu ailles consulter un professionnel, ton médecin généraliste par exemple. J’imagine que tu vas bientôt avoir un rdv pour ton bébé chez le pédiatre ou le médecin, tu peux en profiter pour lui parler de tout ça.

    Sors de chez toi surtout, mets bébé dans sa poussette et allez vous balader tous les jours, ça fait toujours du bien de marcher et de prendre l’air (et c’est bon pour ton bébé aussi!)

    Je n’ai pas eu de gros baby-blues mais j’avais quand même trouvé le 1er mois avec bébé très difficile, la fatigue, le corps qui se remet de l’accouchement, ce petit être qu’il faut apprivoiser… Mais au fur et à mesure les choses deviennent plus faciles, on récupère, le bébé commence à s’éveiller et à communiquer, on prend de nouvelles habitudes. Tiens bon surtout, ça va s’arranger.

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    • Oui tout à fait la visite des un mois est à faire la semaine prochaine, alors je vais lui en toucher un mot et voir ce qu’il me dit. Je ne connais pas encore bien ce médecin, ce sera l’occasion de voir sa réaction…

      J’ai même fait deux balades aujourd’hui, ça fait du bien au corps (ohlala, où sont donc mes muscles ?! ^^) et à l’esprit. Et c’est radical pour aider bébé à dormir

      Merci de ton message, c’est encourageant 🙂

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  7. Tu es vraiment très dure avec toi même, tu te dévalorises énormément… pas de doute, tu ne vas pas bien et tu as besoin d’aide.
    Ne continue pas à t’enfoncer s’il te plait.
    J’espère que ton week-end te fera beaucoup de bien et crois ton mari quand il te dit qu’il est mieux avec toi.
    Courage

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    • Oui je suis de nature à douter déjà facilement, alors en plus avec la fatigue et les hormones…

      Je fais le plein de sommeil en famille, avec plein de soleil et de douceur, j’espère que ça va rompre le cercle vicieux

      Merci de ton petit mot 🙂

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  8. Je trouve déjà que c’est une très bonne chose d’en parler, même ici pour commencer.
    J’ai fait moi-même une dépression du post partum quand j’ai eu ma première fille il y a 11 ans, un jour, je sais que je serai prête à en parler sur mon blog aussi. Parce que 11 ans plus tard, c’est toujours douloureux, ce qui est douloureux, ce n’est pas ma vie avec ma fille aujourd’hui, c’est d’avoir vécu ces premiers mois avec elle comme si elle n’était qu’une étrangère pour moi, une étrangère qui me volait ma vie…J’ai eu du mal à l’aimer, je pensais que la maternité allait être merveilleuse comme dans les films du genre ton bébé nait, tu es fraiche et magnifique, tu aimes instantanément ce bébé etc… Mais non, ça n’a pas été comme ça, et si à ce moment là j’avais eu le courage d’en parler à quelqu’un ou si j’avais pu voir des témoignages de personnes dans le même cas que moi, ça aurait pu m’aider, ça aurait pu me rassurer sur ma capacité à être mère, sur le fait que je n’étais pas une mauvaise mère pour autant, j’avais juste besoin de temps et de soutien.
    Je trouve ça très courageux de ta part d’en parler ici, car c’est très difficile je trouve de se confier là dessus.
    Ne laisse pas tomber, les idées noires que tu ressens ne sont que passagères et tu verras qu’avec le temps et l’écoute de personnes attentives elles disparaitront.
    Je suis toujours prête à en parler si tu veux.

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    • Oui c’est difficile de ne pas s’enfermer. C’est un réflexe assez automatique (chez moi du moins) : ça va mal, je me cloître, et je n’en parle qu’après, quand ça va mieux. Sauf que là c’est bien long à passer… Je me suis poussée aux fesses pour écrire l’article, et je ne le regrette pas car toutes les réponses reçues me font énormément de bien.

      Je me reconnais bien dans ce que tu racontes. Le bébé étranger, la différence entre ce qu’on imagine (parce qu’on nous l’a raconté, parce qu’on l’a vu en film, en roman, parce que c’est comme ça que ça « doit être ») et la réalité

      Je te souhaite de réussir à mettre des mots sur tout ça, pour t’en libérer, et recevoir autant de petits mots adorables et encourageants comme le tien !!

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  9. comme ca me fait mal de te savoir si perdue..Je ne peux que te dire de laisser le temps au temps, de te faire confiance et je t’assure que cette mauvaise periode passera ..
    C’est un changement brutal ce que tu viens de vivre et tout ton corps est encore en train d’assimiler ce lot de changement..
    Ton mari t’aime, vous avez cree la vie ensemble et vous passerez ce cap difficile ensemble..
    Prends du recul et je t’assure que tout rentrera dans l’ordre, c’est deja un grand pas en avant que de mettre des mots sur ton ressenti..
    Surtout FAIS TOI CONFIANCE, tu es celle qui a donne la vie a ton bebe apres l’avoir porte pendant 9 mois, toi meme sais ce dont il a besoin et saura la reconforter, il faut juste que vous preniez le temps de vous aprivoiser.
    Je t’embrasse tres fort, n’hesites pas a me contacter si tu ressens le besoin d’en parler
    Je suis de tout coeur avec vous trois

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  10. coucou, juste un petit mot pour te dire que je te comprends. Ma puce est née il y a 15 jours et je suis mal. Elle pleure bcp, dort peu, ne veut pas quitter mes bras et le sentiment d’incompétence me submerge souvent ! Je ne peux plus t’écrire car ma puce est justement dans mes bras mais saches que je te lis régulièrement et reste persuadée que nos bb ont besoin de nous et pas d’une autre !

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    • Tiens bon et si tu le peux/veux/y arrives passe la main à quelqu’un, ne serait-ce que quelques heures. Ca permet de souffler, de prendre du recul, de dormir ou de sortir un peu…

      Avec le temps on apprend à connaître son petit bout, à distinguer les cris par exemple, on trouve un câlin qui calme, des petites choses qui, mises bout à bout, nous redonnent confiance. On n’est pas incompétentes, juste inexpérimentées.

      Essaie chaque jour de trouver 5 choses positives dans ta journée, avec bébé ou autre, je trouve que cela aide à ne pas tout voir en noir.

      N’hésite pas à me contacter si tu en as envie et que tu as un petit peu de temps : vaallos.encore1blog@gmail.com. Si je peux t’aider un tout petit peu… je sais comme c’est dur, je suis loin d’avoir toutes les réponses, mais au moins je peux te comprendre !

      Gros bisous

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